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☘️  Source Celtique #2 ☘️ (Since~2013)

Bienvenue sur le blog Source Celtique #2 - Blog hommage, à Alan Stivell Cochevelou, retour sur les chemins de terre d'un Barde Breton..."kentoc'h mervel eget em zaotra"

Hamid Cheriet " Idir " nous a quitté... (25.10.49 / 02.05.20) R.I.P

Publié le 3 Mai 2020 par Source Celtique #2 dans Vidéos, Musiques, R.I.P

Hamid Cheriet " Idir " nous a quitté... (25.10.49   / 02.05.20)  R.I.P

 
 

Idir  / Avava inouva  (1976)

00:00 - A vava inouva

04:26 - Azger

06:40 - Cfiɣ

10:18 - Tamachahuts n t sekkurt

14:15 - Zwit rwit

17:48 - Muqleɣ

21:06 - Azwaw

24:07 - Ssendu

28:21 - Isefra

32:27 - Rsed ay ides

35:37 - Tagrawla

38:43 - Tiɣri bbw gdud

dir

Idir le Kabyle se sent l'âme celte en Bretagne
Découvert, en 1975, par son tube planétaire A Vava Inouva, le chanteur kabyle a aussi repris San Francisco, de Maxime Le Forestier, renommée Tizi-Ouzou, en 2002, et qu'il a chantée mardi soir, au Festival interceltique de Lorient.

Découvert, en 1975, par son tube planétaire A Vava Inouva, le chanteur kabyle a aussi repris San Francisco, de Maxime Le Forestier, renommée Tizi-Ouzou, en 2002, et qu'il a chantée mardi soir, au Festival interceltique de Lorient. | MARC OLLIVIER

 

Plouc du bled. « Je me sens proche des Bretons parce que, comme eux, je me suis senti méprisé à une époque. Je me considère comme un « plouc du bled », un fils de berger, né voilà 59 ans dans les montagnes de Kabylie. À cette époque, il n'y avait pas de lycée chez moi, alors je suis venu à Alger afin de poursuivre mes études. Et c'est là que j'ai subi les premiers quolibets de mes camarades de classe. Ils se moquaient parce que je roulais les ' r ', parce qu'ils étaient des citadins et que j'étais un campagnard ; parce qu'ils écoutaient de la musique ' raffinée ', les variétés françaises ou anglaises. Mais j'ai eu la chance, à ce moment-là, de rencontrer un coopérant français qui m'a appris quelques accords ' modernes ' à la guitare. La musique était en moi parce qu'elle a toujours fait partie de ma vie quotidienne. Je me suis mis à créer de nouveaux sons à partir des rythmiques kabyles, et ça a marché du feu de Dieu. Le plus drôle, c'est que les gens qui m'ont enlevé la guitare des mains, parce que je faisais de la ' musique indigène ' ont ensuite essayé de se trouver des origines kabyles. Vous imaginez ma revanche ! »

Coeur kabyle et breton. « J'aime beaucoup la Bretagne, je me sens tellement chez moi ici. Je ne peux pas oublier que c'est cette région qui m'a accueilli la toute première fois en tant qu'artiste. C'était l'époque des grands spectacles à Brest et des manifestations à Plogoff. C'est aussi en Bretagne que j'ai rencontré ma femme, Alicia, voilà vingt ans, à l'occasion d'un concert à Ploufragan, près de Saint-Brieuc. Bretons et Kabyles, nous avons tant d'affinités ! Tenez, je me rappelle, j'étais dans une caserne en Algérie où j'effectuais mon service national. Nous étions à six ou sept dans la chambrée et nous écoutions la radio. Soudain, nous avons tous bondi de nos lits quand a été retransmis le premier concert d'Alan Stivell à l'Olympia : qui était ce Kabyle qui n'est pas Kabyle, mais qui chantait d'une manière qui nous était tellement familière ? »

Identité. « Le Breton appartient au monde celtique comme le Kabyle appartient au monde berbère. Vos cousins sont les Irlandais, les Écossais, les Gallois... Les nôtres s'appellent Chleuhs, Touaregs... Chez nous, dans nos chansons et notre imaginaire poétique, on fait référence à la montagne, comme vous à l'océan. Vous avez la bombarde et le biniou, nous avons des instruments à vent qui leur ressemblent, sans doute parce que, au départ, tous étaient taillés dans un même roseau. Les Celtes ont été de grands voyageurs, les Berbères aussi. La preuve, c'est que beaucoup de Bretons se sont mariés à des femmes kabyles, des Kabyles à des Bretonnes, et tout ce petit monde vit aujourd'hui des deux côtés de la Méditerranée. Mais ce qui rapproche plus encore Bretons et Kabyles, c'est le côté rebelle et la quête d'identité culturelle, linguistique. Paradoxalement, ici, la culture bretonne a beaucoup de moyens d'expression par des festivals comme celui de Lorient, par les médias aussi, ce qui est moins le cas pour nous. Mais quand le kabyle est parlé partout en Kabylie, ici on parle principalement le français. Aussi, quand je viens chanter à Carhaix pour les trente ans des écoles Diwan, c'est une démarche normale, logique, d'amitié et de soutien. Je crois qu'il y a des cultures qui sont plus en danger que d'autres. L'important, à mes yeux, ce n'est ni de les étouffer ni, a contrario, de les imposer, c'est simplement de les laisser s'exprimer. Après... ce sera aux enfants nés de ces cultures de montrer qu'ils veulent les faire vivre ou pas. »

Il vivra ! « Mon vrai nom est Hamid Cheriet. Mais beaucoup de Kabyles portent le prénom Idir, qui signifie ' il vivra '. Ce sont les femmes qui le donnaient à leurs enfants à une époque où il n'y avait pas d'hôpitaux, pas de soins, avec des épidémies qui ravageaient les populations et s'attaquaient, en premier lieu, aux nouveau-nés. Leurs parents les appelaient alors Idir, dans l'espoir que leurs petits échapperaient aux fléaux. J'ai donc naturellement choisi ce nom de scène, parce que, moi, j'ai envie et besoin que ma culture vive. »

 

 

 

 

Propos recueillis par

Jérôme GAZEAU.

Photo : Marc Ollivier.

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Saint-Brevin-les-Pins Pointe de Mindin "SERPENT D'OCÉAN" Huang Yong Ping

Publié le 2 Mai 2020 par Source Celtique #2 dans Vidéos

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The Frames / Dream Awake

Publié le 2 Mai 2020 par Source Celtique #2 dans Musiques, Vidéos

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Tony Allen... R.I.P (francetvinfo.fr / 01.05.20)

Publié le 2 Mai 2020 par Source Celtique #2 dans R.I.P, Infos

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Lorient. Interceltique. Retenez ces dates : du 6 au 15 août 2021 (Ouetsfrance.fr / 01.05.20)

Publié le 1 Mai 2020 par Source Celtique #2 dans Infos, Festival

Jeudi 30 avril 2020, en même temps qu’il validait son report, le Festival interceltique de Lorient (Morbihan) a présenté la programmation. Un avant-goût de ce qui nous attend du 6 au 15 août 2021.

Comment souffler les 50 bougies sans eux ? Alan Stivell, le père du renouveau celtique ou Carlos Nùñez, le fils de l’Interceltique… Ils répondront présent en 2021.
Comment souffler les 50 bougies sans eux ? Alan Stivell, le père du renouveau celtique ou Carlos Nùñez, le fils de l’Interceltique… Ils répondront présent en 2021. | ARCHIVES THIERRY CREUX / OUEST-FRANCE

 

Il rêve de ce jour où, par le petit doigt, on se retrouvera, sans arrière-pensée de Covid-19, dans la ronde de nos danses et de nos festoù-noz. Jeudi, le directeur, Lisardo Lombardia, a présenté la programmation du festival 2020. Celui que nous ne vivrons pas. Plus qu’un symbole, le festival souhaite par ce geste « apporter du baume au cœur. » Et la bonne nouvelle vient des artistes : ils acceptent tous de revenir, du 6 au 15 août 2021.

Lui aussi était présent lors de la première édition : Gilles Servat, le père de La Blanche hermine, est invité. | ARCHIVES THIERRY CREUX

Les chapeaux ronds

Un chiffre à retenir. 143. C’est le nombre de propositions émanant de la grande scène bretonne. Le Fil mettait le paquet pour sa 50e édition. Une scène que l’on retrouvera autour d’un quai de la Bretagne repensé. Une scène multigénérationnelle reflétée lors de sa soirée d’ouverture, construite autour de Krismenn, d’Eben, d’Hamon Martin quintet. La cerise sur le gâteau, c’est la valorisation de notre langue régionale partout sur le festival, langue qui orne un badge de soutien qui devient « collector ».

Les 4 fantastiques

 

Souffler les 50 ans du festival sans eux ? Inimaginable, tant ils ont écrit ensemble les belles pages du Fil… Évidemment, le père du renouveau celtique, Alan Stivell, répond présent. Tout comme Gilles Servat, Dan ar Braz, ou Denez Prigent. Les voix qui marquent notre identité.

Dan ar Braz, guitariste de légende, à l’origine de l’Héritage des Celtes sera présent tout comme l’Orchestre national de Bretagne avec qui il a joué à Lorient en 2016. | ARCHIVES BÉATRICE GRAND

En l’honneur de Polig

Le festival s’est fondé autour du championnat des bagadoù. Sonerion, la grande fédération des sonneurs, est forcément mise à l’honneur à travers différents rendez-vous. Et pour signifier toute histoire bretonne, une suite Polig Monjarret, l’un des pères fondateurs, accompagnera le Triomphe des Sonneurs.

Youn Kamm, immense trompettiste breton, assurera une création autour de cuivres… | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Pavillon 50e

Si l’accent est breton, ce sont toutes les Nations celtes qui sont à l’honneur. Ainsi, un pavillon 50e se dressera pour célébrer ce cosmopolitisme interceltique, fait de rencontres et de liens culturels qu’il ne faut pas perdre…

Retrouvez toute la programmation sur www.festival-interceltique.bzh

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Les Martyrs de Chicago - aux origines du 1er mai (rebellyon.info)

Publié le 1 Mai 2020 par Source Celtique #2 dans Infos, Vidéos, Musiques

Les Martyrs de Chicago - aux origines du 1er mai
 
 
 

Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs américains d’obtenir la journée de huit heures. Mais d’autres, moins chanceux, au nombre d’environ 340 000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.
Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.

Les Martyrs de Chicago - aux origines du 1er mai
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Le 4 mai 1886 se tient un meeting à Chicago. Deux orateurs anarchistes, Albert Parsons et August Spies, prennent la parole pour défendre la revendication de la journée de huit heures. Les « Chevaliers du Travail » (Knights of Labor) lancent en effet une grande campagne afin d’obtenir cette revendication. Soudain une bombe explose parmi les policiers qui tirent dans la foule.
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Huit militants anarchistes sont arrêtés : Auguste Spies, Samuel Fielden, Oscar Neebe, Michel Schwab, Louis Lingg, Adolphe Fischer, Georges Engel et Albert Parsons. Les huit accusés sont condamnés à être pendus. Une mesure de grâce intervint pour Schwab, Fielden et Neebe.
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Une campagne de solidarité ne peut les faire libérer. Le 11 novembre 1887, Parsons, Spies, Fisher et Engel sont pendus (Lingg s’est suicidé). Le 1er Mai devient Journée internationale des travailleurs en souvenir des « Martyrs de Chicago ».
Texte & Dessins : OLT
Aux origines du 1er mai

Fondée en 1881, l’ancêtre directe de l’AFL [1], la FOTLU [2] ne regroupe que les ouvriers qualifiés (des hommes, blancs et américains de souche) et ne compte que 50 000 adhérents. Mais lors d’un congrès elle décide de mettre au premier plan de ses revendications la journée de huit heures et de retenir la date du 1er mai 1886 pour une manifestation de masse. Commence alors une immense campagne de propagande qui renforce l’organisation. Dès avril 1886, quelques entreprises accordent même à leurs salariés la journée de huit heures sans diminution de salaire : 200 000 travailleurs environ bénéficièrent d’une réduction de travail.

En 1886, les Chevaliers du Travail (fondé en 1868 avec de fortes références maçonniques [3]) rassemble tous les travailleurs au niveau d’une localité, Blancs et Noirs, femmes et hommes, Américains de « souche » et immigrants : ouvriers qualifiés et non, ils représentent plus de 700 000 adhérents. Les adhérents de l’Ordre jouèrent le rôle principal dans la grève du 1er mai 1886, bien que la direction de l’Ordre l’ait condamnée. Les responsables et les militants des Chevaliers du Travail furent les principales victimes de la répression après le massacre de Haymarket, bien que la direction de l’Ordre ait refusé d’intervenir en faveur des condamnés de Chicago. Les Chevaliers du Travail allaient par la suite rapidement péricliter.

L’initiative des ouvriers américains n’aurait eu qu’un faible retentissement dans le pays et à l’étranger sans les événements tragiques de Chicago qui émurent le monde entier.

Sûrs de l’impunité, les milices patronales provoquaient des incidents sanglants. Le 3 mai, des ouvriers qui manife devant l’usine de machines agricoles Mac Cormick, à Chicago sont tirés à bout portant par des détectives privés, la bataille qui s’engage fait de nombreuses victimes. Les grévistes sont principalement d’origine allemande et, dans leur journal « Arbeiter Zeitung » (Journal des Travailleurs) paraît l’appel suivant :

« Esclaves, debout !
La guerre de classes est commencée. Des ouvriers ont été fusillés hier devant l’établissement Mac Cormick. Leur sang crie vengeance. Le doute n’est plus possible. Les bêtes fauves qui nous gouvernent sont avides du sang des travailleurs, mais les travailleurs ne sont pas du bétail d’abattoir. A la terreur blanche, ils répondront par la terreur rouge. Mieux vaut mourir que de vivre dans la misère. Puisqu’on nous mitraille, répondons de manière que nos maîtres en gardent longtemps le souvenir. La situation nous fait un devoir de prendre les armes. »

Dans la soirée du 4 mai, plus de 15 000 ouvriers se rendent sur la place au foin (Haymarket) pour y manifester pacifiquement (il leur avait été commandé de s’y rendre sans armes). Des discours sont prononcés, notamment par Spies, Parsons, Fielden. La foule se retire, quand une centaine de gardes nationaux charge avec violence. Une bombe, lancée on ne sait d’où, tombe au milieu des forces de police en tuant sept et en blessant grièvement une soixantaine. Les autorités procède à des arrestations parmi les meneurs de grévistes et les rédacteurs de l’« Arbeiter Zeintung » : Auguste Spies, né à Hesse (Allemagne), en 1855 ; Samuel Fielden, sujet anglais, né en 1846 ; Oscar Neebe, né à Philadelphie, en 1846 ; Michel Schwab, né à Mannhelm (Allemagne), en 1853 ; Louis Lingg, né en Allemagne, en 1864 ; Adolphe Fischer, né en Allemagne, en 1856 ; Georges Engel, né en Allemagne, en 1835 ; Albert Parsons, Américain, né en 1847.

Le verdict est rendu le 17 mai. Les huit accusés sont condamnés à être pendus. Une mesure de grâce intervint pour Schwab et Fielden, dont la peine est commuée en prison à perpétuité, et de Neebe dont la peine est réduite à quinze ans de prison. Le 11 novembre 1887, les autres sont exécutés, mis à part Lingg qui s’est suicidé.

Six ans plus tard, un nouveau gouverneur de l’Illinois John Altgeld, conclut à l’entière innocence des condamnés : « Une telle férocité n’a pas de précédent dans l’histoire. Je considère comme un devoir dans ces circonstances et pour les raisons ci-dessus exposées, d’agir conformément à ces conclusions et j’ordonne aujourd’hui, 26 juin 1893, qu’on mette en liberté sans condition Samuel Fielden, Oscar Neebe et Michel Schwab ». Spies, Lingg, Engel, Fischer et Parsons sont réhabilités.

L’idée américaine est reprise par les travailleurs des autres pays. En 1889, à Paris, lors d’un congrès international, une proposition demandant « l’organisation d’une grande manifestation internationale en faveur de la réduction des heures de travail qui serait faite à une date fixe, la même pour tous » est adoptée et la date en est celle choisie par les travailleurs américains. Le 1er mai prend alors dans le monde entier la signification d’une journée de revendication des travailleurs face à la société capitaliste.

OLT

LE 1er MAI : SYMBOLE D’UNE ÈRE NOUVELLE DANS LA VIE ET LA LUTTE DES TRAVAILLEURS

par Makhno (écrit en 1928)

La journée du premier Mai est considérée dans le monde socialiste comme la fête du Travail. C’est une fausse définition du 1er Mai qui a tellement pénétré la vie des travailleurs qu’effectivement dans beaucoup de pays, ils le célèbrent ainsi. En fait, le premier mai n’est pas un jour de fête pour les travailleurs. Non, les travailleurs ne doivent pas, ce jour là rester dans leurs ateliers ou dans les champs. Ce jour là, les travailleurs de tous pays doivent se réunir dans chaque village, dans chaque ville, pour organiser des réunions de masse, non pour fêter ce jour ainsi que le conçoivent les socialistes étatistes et en particulier les bolcheviks, mais pour faire le compte de leurs forces, pour déterminer les possibilité de lutte directe contre l’ordre pourri, lâche esclavagiste, fondé sur la violence et le mensonge. En ce jour historique déjà institué, il est plus facile à tous les travailleurs de se rassembler et plus commode de manifester leur volonté collective, ainsi que de discuter en commun de tout ce qui concerne les questions essentielles du présent et de l’avenir.

Il y a plus de quarante ans les travailleurs américains de Chicago et des environs se rassemblaient le premier Mai. Ils écoutèrent là des discours de nombreux orateurs socialistes, et plus particulièrement ceux des orateurs anarchistes, car ils assimilaient parfaitement les idées libertaires et se mettaient franchement du côté des anarchistes.

Les travailleurs américains tentèrent ce jour là, en s’organisant, d’exprimer leur protestation contre l’infâme ordre de l’Etat et du Capital des possédants. C’est sur cela qu’interviennent les libertaires américains Spiess, Parsons et d’autres. C’est alors que ce meeting fut interrompu par des provocations de mercenaires du Capital et s’acheva par le massacre de travailleurs désarmés, suivi de l’arrestation et de l’assassinat de Spiess, Parsons et d’autres camarades.

Les travailleurs de Chicago et des environs ne se rassemblaient pas pour fêter la journée du premier Mai. Ils s’étaient rassemblés pour résoudre en commun les problèmes de leur vie et de leurs luttes.

Actuellement aussi, partout où les travailleurs se sont libérés de la tutelle de la bourgeoisie et de la social démocratie liée à elle (indifféremment menchevique ou bolchevique) ou bien tentent de le faire, ils considèrent le 1er Mai comme l’occasion d’une rencontre pour s’occuper de leurs affaires directes et se préoccuper de leur émancipation. Ils expriment, à travers ces aspirations, leur solidarité et leur estime à l’égard de la mémoire des martyrs de Chicago. Ils sentent donc que cela ne peut être pour eux un jour de fête. Ainsi, le premier Mai, en dépit des affirmations des « socialistes professionnels » tendant à le présenter comme la fête du travail, ne peut pas l’être pour les travailleurs conscients.

Le premier Mai, c’est le symbole d’une ère nouvelle dans la vie et la lutte des travailleurs, une ère qui présente chaque année pour les travailleurs, de nouvelles, de plus en plus difficiles, et décisives batailles contre la bourgeoisie, pour la liberté et l’indépendance qui leur sont arrachées, pour leur idéal social.

(Source : Diélo trouda, n°36, 1928)

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